Fil rouge : L’urgence prophétique, Histoire et actualité
vendredi 20 mars 2009
Samedi 17 mai – matin
Le livre de Bruno Chenu intitulé « L’urgence prophétique » (Bayard, 1997) constitue le point de départ de la réflexion sur l’histoire et l’actualité du prophétisme.
Dans un premier temps, il est demandé à un théologien de retracer la vie et l’œuvre de Bruno Chenu, journaliste et théologien.
Le second temps de la matinée est consacré à une présentation historique de la prophétie. Davantage qu’une synthèse, cette présentation demandée à deux historiens s’efforce de mettre en évidence les lignes de force du mouvement prophétique entre temps bibliques et temps modernes. Elle rappelle qui sont les prophètes de l’Ancien testament et le statut du prophète dans l’Église primitive avant de retracer les formes renouvelées du prophétisme à travers deux mille ans d’histoire du christianisme.
Samedi 17 mai – Après-mid
i Les substantifs « prophète » et « prophétisme » (davantage que « prophétie ») et l’adjectif « prophétique » (accolé à un geste, une parole…) font aujourd’hui partie du langage courant, tant social que religieux. Pour qualifier qui ? Et quoi ? Selon quels référents ? L’ambition de cette séquence du colloque est d’aider à percevoir la pluralité des références et éventuellement d’y rechercher un « noyau dur » commun.
Dans un premier temps, il est demandé à deux théologiens de prolonger l’histoire de la fonction prophétique jusqu’à l’actualité marquée, pour le catholicisme, par le concile Vatican II et, pour la société occidentale, par la sécularisation.
Dans un deuxième temps, une sociologue dira les images (personnages et caractères) auxquelles renvoie l’emploi des mots prophètes, prophétisme, prophétique dans l’opinion publique en général et dans certains secteurs de l’opinion chrétienne.
Dans un troisième temps, quatre intervenants présenteront, à partir de figures contemporaines emblématiques, ce que leur paraissent être les spécificités de quatre dominantes de la pluralité des caractères perçus comme prophétiques : de l’engagement intellectuel au témoignage de vie en passant par l’engagement temporel et l’engagement spirituel.
L’échange qui s’en suivra cherchera à approcher d’une possible définition commune aux diverses formes d’expression et de réception des prophètes et du prophétisme.
Samedi 17 – Soir
Andréa Riccardi est invité à élargir à la fois le champ du colloque et le public en témoignant, dans une conférence, des urgences prophétiques dans le monde et dans les religions que ses voyages et engagements lui ont donné de percevoir.
Dimanche 18 mai - Matinée
Sous le titre : « Institution et prophétisme : les critères de discernement », la matinée du dimanche entend poursuivre les réflexions développées par Bruno Chenu dans le chapitre 4 de L’urgence prophétique où il écrit :
« Considérer l’Église comme tout entière appelée au prophétisme oblige à dépasser le clivage sans cesse récurrent entre l’inspiration et l’institution. A l’heure actuelle, la manière la plus spontanée de définir le prophétisme est encore de l’opposer à l’institution, à l’Église-institution… »
Dans un premier temps, il est attendu d’intervenants orthodoxe, catholique et réformé qu’ils disent si et comment ce « clivage » est perçu et vécu, ou non, dans l’histoire et l’actualité de leur confession et comment, dans leurs traditions respectives, il est ou pourrait être dépassé.
Dans un deuxième temps, le regard sera porté sur les conditions et circonstances qui, dans la seconde moitié du XXè siècle, ont généré en Amérique latine non seulement des figures de « prophètes », mais un dynamisme prophétique proprement ecclésial. Cette contribution aura un objet analogue à celui traité par Bruno Chenu dans le chapitre 6 de son livre, consacré à la « conversion » de l’Église catholique en Afrique du Sud dans les années 1980.
Dans un troisième temps, une table ronde entre les quatre intervenants précédents et un échange avec la salle tenteront d’éclairer une double question :
- « Institution » ou « peuple », une Église peut-elle être prophétique ?
- et : Quelle considération, voire quel statut, une Église devrait ou pourrait-elle reconnaître à ses prophètes ?
Dimanche 18 mai – Après-midi
En 1997, Bruno Chenu écrivait : « A l’heure actuelle, le thème du prophétisme semble s’être évanoui du paysage, tant social qu’ecclésial. Il n’y a plus grand nombre pour se risquer à une interpellation forte, à une mise en cause radicale, à une proposition dérangeante. L’opacité du devenir de nos sociétés rend la pensée circonspecte et l’action timorée. Devant la rudesse du chemin, le souffle se fait court. On accompagne tant bien que mal le mouvement, on n’ose l’infléchir. Nous sommes à l’âge des croyances molles. N’est-il pas grand temps de retrouver, collectivement et personnellement, l’inspiration prophétique ?… Qu’est-ce que le prophétisme sinon la façon qu’a Dieu, à travers des êtres humains, de prendre l’Histoire à bras le corps ? Et si Dieu parle, pourquoi ce silence de notre part ? »
Si « évanouissement » il y a, les causes peuvent-elles en être identifiées ? Et des réanimations préconisées ? Deux questions qui peuvent être perçues différemment selon les sensibilités et les générations (d’avant, pendant et après Vatican II, notamment). Deux questions qui concernent et engagent solidairement les coresponsables de la mission prophétique dans et de l’Église, selon leurs compétences et responsabilités : hiérarchie, théologiens, communautés, mouvements…
Ce sont ces sensibilités, générations et compétences diverses qui sont invitées à s’exprimer dans quatre ateliers, chacun sous la conduite d’un témoin qui proposera ses propres réponses pour introduire l’échange.
De cet échange devraient ressortir des appels et propositions dont la mise en commun s’efforcera de dégager les lignes de force.
Au terme du colloque, il appartiendra à la conclusion de suggérer les suites et développements souhaitables et possibles de la réflexion engagée.
© 2008 Université d'Été de l'Assomption 2008
|